QUESTIONS AU GOUVERNEMENT – MERCREDI 28 OCTOBRE 2015

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Mme la présidente. La parole est à M. Arnaud Viala au nom du groupe Les Républicains.

M. Arnaud Viala. Monsieur le Premier ministre, les chiffres du chômage du mois de septembre, publiés cette semaine, vous lavent le cerveau et vous font oublier que des millions de Français demeurent des chômeurs de longue durée ! Vous n’êtes pas dans la même galaxie que les Français.

Vous annoncez la sortie de crise et la reprise de la croissance alors que notre tissu économique tout entier crie son inquiétude. Vous n’êtes pas dans la même galaxie que les entrepreneurs de France.

Vous évoquez la réduction des déficits publics et la baisse de la fiscalité et les élus locaux, atterrés, doivent assumer les charges que vous délestez sur eux. Vous n’êtes pas dans la même galaxie que les élus de France.

Vous souhaitez que la France accueille des migrants et partout des Français, comme chez moi un matin, se réveillent ahuris de découvrir qu’un individu condamné à mort par la justice d’un autre pays est hébergé dans un hôtel à deux pas de chez eux. Vous n’êtes pas dans la même galaxie que nos compatriotes.

M. Olivier Marleix. Très bien !

M. Arnaud Viala. Aux agriculteurs de France qui crient leur désespoir, vous proposez en guise de solution la télétransmission de leurs actes administratifs. Dimanche dernier, pour la deuxième fois en un an, j’ai dû faire face au suicide d’une exploitante agricole de ma commune. Vous n’êtes pas dans la même galaxie que les agriculteurs de France.

D’après vous, « le pouvoir d’achat des Français n’a jamais autant augmenté ». Venez donc tenir ces propos aux retraités et aux jeunes ménages d’actifs de France ! Vous n’êtes pas dans la même galaxie que nos concitoyens.(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Les Républicains.)

Un député du groupe socialiste, républicain et citoyen. Démagogue !

M. Arnaud Viala. Ce sentiment de rupture totale entre notre peuple et ses dirigeants, tout le monde le perçoit sauf vous. Pensez-vous, monsieur le Premier ministre, rester enfermé dans vos certitudes au risque de lancer un jour aux Français de votre fenêtre, tel Marie-Antoinette, que faute de pain ils n’ont qu’à manger de la brioche ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Les Républicains.)

Mme la présidente. La parole est à M. le Premier ministre.

M. Manuel Valls, Premier ministre. Je ne sais pas si nous vivons dans la même galaxie, monsieur le député, et à vous entendre j’en doute, mais je sais en tout cas que nous sommes dans le même pays, la France. Il ne sert à rien d’être excessif. Les ruptures, les fractures territoriales et sociales, les attentes, les exigences et les peurs de nos concitoyens,…

M. Philippe Armand Martin. Voilà la réalité et elle vous dépasse de plus en plus !

M. Manuel Valls, Premier ministre. …nous les connaissons, malheureusement, et elles ne sont pas nouvelles mais remontent à longtemps.

M. Guy Geoffroy. Sans parler du rejet de votre politique !

M. Manuel Valls, Premier ministre. Il ne sert d’ailleurs à rien de les commenter et de jouer avec ni de tout mélanger. Permettez-moi de vous dire, monsieur le député, que l’amalgame auquel vous procédez des problèmes économiques et sociaux, du chômage et de ce que ressentent les agriculteurs, les ouvriers et une partie de notre jeunesse avec les problèmes relatifs à la sécurité, la lutte contre le terrorisme et l’accueil des réfugiés aggrave les fractures entre les responsables publics et le peuple, tout comme l’excès de vos propos. (Protestations sur les bancs du groupe Les Républicains.)

Les Français considèrent, et on m’a encore interrogé tout à l’heure et hier à ce sujet, que nous nous sommes habitués depuis des années à vivre avec un chômage de masse, un niveau de déficits insupportable et un niveau de fiscalité nationale et locale que beaucoup de Français ne peuvent pas supporter. L’action de mon gouvernement, je le dis modestement, consiste précisément à s’attaquer au niveau de déficits qui sont trop élevés – ils baissent –, à l’endettement du pays qui n’est pas supportable pour les années à venir et au chômage. Sur ce point, que chacun regarde les chiffres tels qu’ils sont, comme Myriam El-Khomri et moi-même le faisons dans la durée. Je me réjouis, comme d’ailleurs l’un d’entre vous, M. Mariton, l’a fait hier, que le chômage baisse, car c’est une bonne chose, en tout cas pour ceux qui retrouvent un emploi, au lieu d’en faire un sujet de polémique.(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, républicain et citoyen.)

M. Claude Goasguen. Les sondages baissent aussi !

M. Manuel Valls, Premier ministre. Nous nous attaquons aux inégalités territoriales, urbaines et rurales. Nous nous attaquons aux inégalités à l’école, ce qui n’a jamais été votre priorité. (Exclamations sur les bancs du groupe Les Républicains.)

M. Claude Goasguen. Vous ne pouvez pas dire cela !

M. Manuel Valls, Premier ministre. Je pourrais parfaitement, monsieur le député, vous renvoyer moi aussi à vos responsabilités. Mais l’état du pays et la crise économique, sociale et morale que nous vivons depuis des années nécessitent selon moi de la hauteur de vue, de l’engagement et du rassemblement. Je me contenterai donc de vous demander de revenir dans la bonne galaxie ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe socialiste, républicain et citoyen.)

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